Résumé scientifique
La douleur cancéreuse est un phénomène complexe résultant de l’interaction entre la tumeur, son microenvironnement et le système nerveux. Ce document explore sa physiopathologie et propose une approche thérapeutique multimodale intégrant pharmacologie et techniques interventionnelles.
Physiopathologie de la douleur cancéreuse
La douleur est induite par plusieurs mécanismes :
- Douleur nociceptive : activation des nocicepteurs par compression tumorale, inflammation et libération de médiateurs algogènes (cytokines, prostaglandines, neurotrophines).
- Douleur neuropathique : lésions nerveuses directes dues à l’infiltration tumorale ou aux traitements oncologiques (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie).
- Neuro-inflammation et sensibilisation centrale : activation des cellules immunitaires (microglie, macrophages), modulations synaptiques et plasticité neuronale entraînant une chronicisation de la douleur.
Stratégies thérapeutiques
La gestion de la douleur cancéreuse repose sur une approche intégrée combinant :
- Pharmacologie : opioïdes, AINS, corticoïdes, co-analgésiques (gabapentinoïdes, antidépresseurs, kétamine, lidocaïne IV).
- Techniques interventionnelles :
- Neuromodulation : administration intrathécale d’analgésiques (opioïdes, ziconotide, anesthésiques locaux).
- Neurolyse chimique ou thermique : ciblage des plexus nerveux (coeliaque, hypogastrique).
- Radiothérapie, cryothérapie, radiofréquence : réduction de la masse tumorale et de l’inflammation.
- Stimulation médullaire et blocs nerveux : modulation de la transmission nociceptive.
Conclusion
Face à la persistance des douleurs malgré les avancées thérapeutiques, une approche précoce, multimodale et individualisée est essentielle. L’intégration des traitements interventionnels dans la prise en charge initiale permet d’améliorer l’analgésie, de limiter les effets secondaires et d’optimiser la qualité de vie des patients. C’est ce que nous proposons à la clinique de la Douleur.
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(Source : © Review Springer par le Dr M. Cachemaille et le Dr C. Perruchoud)