Le zona, ou herpès zoster, est une infection virale causée par la réactivation du virus varicelle-zona (VZV). Après une varicelle, ce virus reste dormant dans les ganglions nerveux et peut se réactiver à tout moment, en particulier chez les personnes âgées ou immunodéprimées.
Cette maladie est relativement fréquente, touchant environ une personne sur trois au cours de sa vie. Elle se manifeste généralement par une éruption cutanée douloureuse, accompagnée de cloques regroupées le long d’un nerf. L’un des principaux risques du zona est l’apparition d’une douleur persistante après la guérison des lésions cutanées. Cette complication, appelée névralgie post-herpétique (NPH), est une douleur neuropathique qui peut durer plusieurs mois, voire des années. Elle est souvent décrite comme une sensation de brûlure intense, d’élancements électriques ou d’hypersensibilité extrême au toucher.
Symptômes et évolution du zona
Phase initiale : les prodromes
Avant même l’apparition des lésions cutanées, le zona peut provoquer des symptômes annonciateurs. Ceux-ci incluent des douleurs neuropathiques dans une région précise du corps, correspondant au territoire d’un nerf. Ces douleurs peuvent s’accompagner de démangeaisons, de picotements ou d’une sensation de brûlure.
Phase éruptive : les lésions cutanées
Quelques jours après les prodromes, une éruption cutanée douloureuse apparaît. Elle se caractérise par des vésicules regroupées en bouquet, souvent situées sur le thorax, l’abdomen ou le visage. Ces lésions suivent un trajet nerveux bien défini, ce qui les distingue d’autres affections cutanées. La douleur peut être intense et invalidante. Certains patients décrivent une sensation de décharges électriques, tandis que d’autres ressentent une hypersensibilité, rendant même le contact avec les vêtements insupportable. En général, les lésions sèchent et forment des croûtes en 7 à 14 jours, laissant parfois des cicatrices résiduelles.
Complications possibles du zona
Le zona peut entraîner plusieurs complications, en particulier chez les personnes âgées ou immunodéprimées.
- La névralgie post-herpétique (NPH) est la complication la plus fréquente. Elle correspond à une douleur persistante qui perdure après la cicatrisation des lésions cutanées. Elle est due à des lésions nerveuses provoquées par l’inflammation induite par le virus.
- Le zona ophtalmique survient lorsque le virus atteint le nerf trijumeau. Il peut provoquer une atteinte oculaire sévère, allant jusqu’à la perte de la vision.
- Les surinfections bactériennes des lésions cutanées peuvent survenir si les vésicules sont grattées ou mal soignées.
Traitement de la névralgie post-herpétique (NPH)
Médicaments de première intention
Les anticonvulsivants, tels que la prégabaline et la gabapentine, sont couramment prescrits pour moduler l’activité nerveuse et atténuer la douleur neuropathique. Ces médicaments agissent en stabilisant l’excitabilité des neurones, ce qui permet de diminuer la transmission des signaux de douleur. En complément, les antidépresseurs tricycliques, tels que l’amitriptyline et la nortriptyline, agissent sur les neurotransmetteurs impliqués dans la perception de la douleur, contribuant ainsi à une réduction des symptômes douloureux, particulièrement dans les cas de douleur chronique liée à des lésions nerveuses.
Traitements topiques
Les patchs de lidocaïne à 5% offrent un soulagement rapide en bloquant les canaux de douleur. La capsaïcine à 8%, utilisée en milieu spécialisé, peut aussi être efficace pour soulager les douleurs neuropathiques persistantes en réduisant la substance P, un neurotransmetteur lié à la douleur.
Thérapies interventionnelles
Les thérapies interventionnelles que nous proposons dans notre clinique sont des options clés lorsqu’une douleur est réfractaire aux traitements médicamenteux. Ces approches sont particulièrement efficaces pour soulager les douleurs chroniques et neuropathiques persistantes.
- Infiltrations de corticoïdes et anesthésiques locaux
Lorsque la douleur est localisée et résistante aux médicaments oraux, des infiltrations de corticoïdes peuvent être administrées dans la zone douloureuse. Ces injections permettent de réduire l’inflammation des nerfs et des tissus environnants, offrant ainsi un soulagement immédiat et significatif. Associées à des anesthésiques locaux, ces infiltrations bloquent temporairement la transmission des signaux douloureux et permettent d’obtenir un contrôle plus rapide de la douleur. - Stimulation nerveuse électrique transcutanée (TENS)
La stimulation nerveuse électrique transcutanée (TENS) est une technique non invasive qui utilise des impulsions électriques à faible fréquence pour stimuler les nerfs et moduler la douleur. Ces impulsions interfèrent avec les signaux de douleur envoyés au cerveau, offrant ainsi un soulagement. Le TENS est souvent utilisé pour les douleurs chroniques et neuropathiques et peut être une solution intéressante pour les patients qui cherchent à éviter une prise excessive de médicaments. Son utilisation à domicile, sous supervision médicale, permet une gestion autonome de la douleur. - Bloc nerveux
Dans certains cas, lorsque les douleurs sont particulièrement intenses et résistantes aux autres traitements, un bloc nerveux peut être pratiqué. Cette procédure consiste à injecter un anesthésique ou un corticoïde directement autour des nerfs responsables de la douleur, bloquant ainsi la transmission des signaux douloureux. Les blocs nerveux peuvent offrir un soulagement temporaire et peuvent être répétés si nécessaire. - Neurostimulation et thérapies plus avancées
Pour les douleurs neuropathiques sévères et réfractaires, des options comme la neurostimulation spinal (SCS) peuvent être envisagées. Cette procédure consiste à implanter un dispositif qui envoie des impulsions électriques directement dans la moelle épinière pour inhiber les signaux de douleur. Elle est utilisée principalement dans les cas de douleurs chroniques sévères, lorsque les autres traitements ont échoué.
Approches complémentaires
Outre les traitements médicaux et interventionnels, certaines approches complémentaires sont essentielles pour améliorer le bien-être général du patient et limiter les séquelles de la douleur chronique.
La rééducation fonctionnelle, supervisée par un physiothérapeute, aide à améliorer la mobilité et à prévenir l’atrophie musculaire due à la douleur chronique. Parallèlement, le soutien psychologique, incluant les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), permet de gérer l’anxiété et la dépression liées à la douleur. Les techniques de relaxation, telles que la méditation et le yoga, réduisent le stress et les tensions, favorisant une meilleure gestion de la douleur.
Ces traitements complémentaires et interventionnels, en combinaison avec une gestion médicale appropriée, offrent une approche globale pour traiter la douleur, améliorer la qualité de vie des patients et les aider à mieux gérer les symptômes de manière durable.
Prévention : l’importance de la vaccination
La vaccination constitue la méthode la plus efficace pour prévenir le zona. Elle est particulièrement recommandée aux personnes de plus de 50 ans, notamment celles ayant déjà contracté la varicelle. En plus de réduire le risque d’apparition du zona, elle permet d’atténuer la gravité des symptômes chez les personnes vaccinées qui développeraient malgré tout la maladie. Par ailleurs, certaines mesures peuvent contribuer à limiter le risque de réactivation du virus, telles que le renforcement du système immunitaire, la gestion du stress et l’évitement d’un contact rapproché avec des individus présentant des lésions actives de varicelle ou de zona.
Pourquoi consulter la clinique de la Douleur ?
À la Clinique de la Douleur, nous proposons :
- Une évaluation spécialisée pour comprendre votre douleur et adapter le traitement à votre situation.
- Un accès aux dernières avancées thérapeutiques pour la prise en charge des douleurs neuropathiques.
- Une approche multidisciplinaire, associant médicaments, thérapies interventionnelles et soutien psychologique.
Prenez rendez-vous
Si vous souffrez d’un zona ou de douleurs persistantes après un zona, n’hésitez pas à consulter nos spécialistes. Nous vous aiderons à retrouver un meilleur confort de vie grâce à une prise en charge adaptée.